J’exagère à peine. Après le beau temps d’avril le premier W-E d’ouverture de mai fut une reprise modeste mais prometteuse. Les ouvertures suivantes n’ont pas confirmé cette impression : d’abord trop froid puis vraiment trop chaud ! Personne. Qu’en sera-t-il bientôt du dernier W-E de ce mois creux ? Allez, on nous informe déjà du retour de quelques nuages, Youpi !


J’ai envie de vous revoir.
Alors que l’an dernier les roses ont durées dix jours, cette année après la chaleur d’avril et les intempéries de mai elles ont eu une évolution progressive et douce qui vous permettra de les retrouverez presque toutes lors de votre venue fin mai ou début juin !
A l’unisson, la fraîcheur des feuillages de la palette végétale du jardin est remarquable cette année. Cela durera pourvu que la canicule elle ne dure pas ! Hier soir : chance sur le jardin, quelques millimètres d’eau d’un orage modéré ont tout rafraîchi. Le puits abondant grâce aux pluies d’hiver compense bien l’évaporation. On se prend à espérer.


Je vous raconte-là les péripéties ordinaires d’un espace soumis aux aléas d’un climat chamboulé mais il n’empêche … Le jardin du Revers est beau cette année, plus que dans votre souvenir. Beau et différent. L’entrée par exemple plus belle et accueillante.
Surtout, je crois beaucoup que la visite d’un jardin n’équivaut pas à celle d’un monument dont la forme est fixée depuis longtemps. Un jardin, on entre à chaque visite dans un moment de son histoire, un moment qu’on croit avoir connu et qu’on s’apprête pourtant à découvrir parce qu’il a été conçu pour vous proposer l’unité du varié, autrement dit l’harmonie, mais dans une forme qui évolue perpétuellement.

La plus grande pièce d’eau m’a surpris cette année : couverte d’algues vertes l’an dernier où je m’évertuais à extraire leur poisseuses présence, cette année elles sont absentes ! Presqu’absentes, je les soupçonne en sommeil au fond, bien moins vigoureuses. Est-ce l’élagage du Charme qui la surplombe ? (sculpté par Karine Marsilly de façon remarquable), ou la réduction en surface des Iris d’eau qui l’envahissaient ? Une composition moléculaire modifiée des eaux de pluies, ce qui compte dans l’équilibre des eaux retenues en bassin ?
L’espace sec surmonté par l’Agave majestueuse s’est étoffé : le Serpolet, les Lavandes, les Osteospermun sont superbes.
Le rosier ‘White new dawn’ très à la peine ces dernières années car encombré de bois mort (où la sève se disperse au lieu d’irriguer les rameaux sains) à force de coupes est en train de redevenir cette merveille qui enchantait lors de l’ouverture du jardin au public en 2000.

Le dernier espace créé derrière la maison devient une image étonnante à photographier depuis la terrasse : la souche en premier plan sur son miroir d’eau, l’enfilade des brise-vents couverts de roses et, visible sur chacun des côtés du grand brise-vent, le Rosier ‘Cerise bouquet’ qui n’aura jamais été aussi beau ! La ligne bien développée des Miscanthus giganteus, la luminosité insistante du Saule de Sakhaline. Et, tout là-bas la petite éolienne de Christian Canonville qui offre ses images de vent !



Avec cette éolienne prénommée « Fleur » Christian est l’un des trois artistes invités cette saison. Nous sommes tellement habitués à voir l’éolienne comme productrice de l’énergie d’une machine que déjà la surprise est au rendez-vous lorsqu’on observe les pales de celle-ci, destinées à n’offrir au regard que des images dans l’air, dessinées par le vent. Des « fleurs du vent » ? Christian nous le dira mais la « gratuité » de ses éoliennes (une autre sera visible en vidéo dans la salle d’expo) ne pouvaient que rencontrer le jardin du Revers, ce « jardin pour rien » destiné à inventer des richesses d’une autre sorte. L’accord est parfait entre ces deux entités et il faudra que celui ou celle qui regarde saisisse le moment où assez de vent produira les images mouvantes de l’éolienne comme il ou elle devra trouver le bon jour et l’heure propice où le jardin délivrera ses plus belles poses !
André, qui fait un retour après avoir été le premier à exposer au jardin, occupe la salle d’expo de la maison avec ses huit modules de Bambous sertis de bandes colorées. Il parle ici du travail exposé :

Le troisième artiste s’est invité lui-même en occupant son atelier de bricolage pour y montrer quatre « Dessins perchés » accomplis l’hiver dernier.
Depuis longtemps, mes dessins se voyaient de près. De petites tailles, souvent réunis sur des formats n’excédant pas 50 x 65 cm, nul besoin de mettre une distance entre eux et le regardeur. Je cherchais à quitter ce mode du regard de proximité. La rencontre avec les dessins d’Anna-Lena Johansson fut décisive. Sur des laies de 5 mètres de haut par 50 cm de large posées au sol, Anna-Lena avait dessiné sur une portion de la surface. J’ai adopté le même support (merci Anna-Léna !) mais en le dressant à la verticale créant ainsi la nécessité de rejoindre la partie recevant le dessin pour ensuite m’en éloigner et y porter un regard extérieur. Travail du regard qui se forge d’abord une image mentale, la dépose par bribes sur le papier après avoir effectué de longues méditations loin de l’ébauche afin d’évaluer l’accomplissement des intentions d’origine. Des Corps qui volent dans des espaces construits ou enchevêtrés sont ici les premiers sujets visibles. J’aimerais qu’on y trouve des émanations d’une lecture d’Alain Damazio.

UNE SOIREE GRATUITE AURA LIEU LE VENDREDI 19 JUIN A 18 HEURES
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